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 "Se nourrir sans faire souffrir" de John Robbins

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Christie, administrateur
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MessageSujet: "Se nourrir sans faire souffrir" de John Robbins    Dim 11 Sep - 17:31

Je pense que beaucoup d'entre vous aimeront lire ce qui suit ...

Passages tirés de :"Se nourrir sans faire souffrir" de John Robbins

aux éditions Partage (Stanké)

J. Bousquet -- le 27 janvier

Pendant longtemps, l'Église catholique n'a reconnu aucune âme aux animaux. Lors du premier concile, au Moyen Âge, les hommes d'Église ont eu à décider si les femmes et les animaux en avaient une : Les femmes l'ont échappé belle, mais les animaux ont perdu

NOM D'UN CHIEN

En ce monde, on élève très rarement des monuments à la mémoire d'un chien mais, à Greyfriar Square, à Edimbourg en Ecosse, la population locale en a érigé un en l'honneur d'un petit terrier appelé Bobby. Pourquoi ? Parce que ce petit chien lui a donné une grande leçon.
Bobby n'appartenait à personne. Comme il arrive souvent dans les villages,
ce chien sans collier était rejeté par tous et devait se nourrir en faisant
les poubelles. Une véritable vie de chien, même pour un chien !
Un villageois du nom de Jock se mourait. Un jour, il prit le pauvre chien en
pitié. Plutôt démuni et ne sachant trop quoi faire de l'animal, il l'emmena
tout de même au restaurant et lui offrit un repas. Rien de très luxueux,
seulement des restes. Imaginez, si vous le pouvez, la gratitude de l'animal
!
Peu après, Jock rendit l'âme et le terrier suivit le cortège funèbre. Les
fossoyeurs ont bien essayé de le renvoyer à coups de pied et de pierres,
mais le chien restait sur la tombe sans prendre garde aux menaces. De ce
jour, et pendant pas moins de 14 ans, le petit Bobby a continué d'honorer la
mémoire de l'homme qui avait eu un mouvement de générosité à son égard. Jour et nuit, tempêtes de neige ou chaleur torride, on le voyait sur la tombe. Tous les après-midi, il l'abandonnait néanmoins pour faire une brève apparition au restaurant où il avait rencontré Jock, espérant avoir à
manger. Quoi qu'on lui donnât, il retournait le manger auprès de son ami.
Le chien reste sans contredit l'animal que nous connaissons le mieux. Nul
besoin d'être un fervent ami des chiens pour reconnaître que leur compagnie, leur attachement et leur loyauté sont légendaires.
Un jour, en 1955, à Cœur d'Alene, en Idaho, un homme appelé Ken Wilson tente d'habituer un cheval à accepter une monture. Pendant ce temps, il ignore que, contrairement à toute attente, Stevie, son fils de trois ans, ne joue pas chez le voisin mais se promène, seul, dans les "environs. Le pauvre enfant tombe dans l'eau d'un étang et s'y enfonce. Le seul témoin de cette catastrophe, Taffy, le chien du petit, se précipite au devant de M. Wilson, jappant à qui mieux mieux et réclamant une attention immédiate. Le père de Stevie reste d'abord imperturbable mais Taffy, qui mime tant bien que mal une noyade tout en continuant d'aboyer à pleins poumons, réussit à l'intriguer. Dans le désespoir de se faire comprendre, le chien fonce à toute vitesse sur le cheval et lui mord les pattes. Le cavalier réalise
enfin que le chien s'efforce de lui dire quelque chose et il descend de
selle. Sans perdre une seconde, Taffy se précipite en direction de
l'étang et continue d'aboyer pour guider l'homme qui le suit tant bien que
mal. Arrivant sur les lieux du drame, l'homme voit la Veste rouge de son
fils flotter à la surface de l'eau. Réalisant enfin ce qui se passe, il
plonge la tête la première dans l'eau de plus d'un mètre de profondeur,
repêche son fils inconscient et le ramène à la surface. Stevie ne reprend
conscience que six heures plus tard. En ouvrant les yeux, il Voit Taffy
sagement assis au pied du lit.
Randy Saleh, un garçon de deux ans, habitait Euless au Texas. Un jour, il
s'éloigne de la maison et, s'apercevant de son absence, ses parents
appellent la police. Après deux heures de recherches, Randy reste
introuvable. Morts d'inquiétude, ses parents remarquent que le chien du
petit, un saint-Bernard appelé Ringo, manque aussi à l'appel. Ils se
surprennent à souhaiter qu'il accompagne et protège leur fils.
Entre-temps, un embouteillage oblige un homme, Harley Jones, à arrêter sa
voiture sur l'autoroute à environ un kilomètre de la maison des Saleh.
Sortant de sa voiture, il demande à d'autres automobilistes s'ils
connaissent la raison de cet arrêt. On lui répond qu'un « chien enragé »
bloque la route. Curieux, M.Jones se rend sur les lieux pour se rendre
compte lui-même. Il voit alors un saint-bernard résolument posté au beau
milieu de l'autoroute, aboyant sauvagement et empêchant toute voiture de
rouler dans un sens comme dans l'autre. Il remarque aussi que le chien
protège un petit garçon qui joue innocemment en plein milieu de cette route
généralement très fréquentée. Le chien arrêtait toute voiture qui tentait de
continuer sa route, courant alors au petit pour le ramener au bord du chemin ; mais l'enfant, croyant qu'il s'agissait d'un jeu, revenait bien vite là où il ne devait pas se trouver.
M.Jones réussit à calmer le saint-bernard, en s'adressant à lui avec
douceur. Le chien, cependant, s'est obstiné à rester en place tant que Randy n'était pas absolument hors de danger, c'est-à-dire loin de la route.
Je crois qu'il serait vain d'essayer de convaincre les parents de Randy que
les animaux ne sont que des joujoux sans âme.
De tels incidents ont de quoi surprendre. Des chiens se sont montrés
capables d'extirper des flammes leur maître en proie à la panique. Il ne
saurait s'agir du fait de machines sans âme, dominées simplement par leurs
instincts et leurs réflexes ; ce sont là des démonstrations de courage, de
dévouement et d'amour désintéressé, d'intelligence et de bravoure en
situation d'urgence.
Plus je m'informe, plus je ne peux m'empêcher de penser que les animaux sont capables de respecter toute forme de vie, même au-delà des frontières de l'espèce. Un vétérinaire va même plus loin en ce sens :

« Je peux citer l'exemple de chiens et de chats domestiques qui ont fait une
dépression, pleurant lamentablement après le départ d'un autre animal de la maison, 'endormi' par ses maîtres parce qu'il était atteint d'une maladie
incurable. Au moment où on tuait leur compagnon, on a remarqué chez chacun de ces animaux un changement de comportement aussi fort que subit. Un beau jour, la propriétaire de l'animal, ne sachant même pas que le vétérinaire venait de donner suite à sa demande une heure auparavant, téléphona au spécialiste pour lui signaler que, depuis une heure, son chat miaulait comme un fou et semblait désespéré. »

II m'apparaît difficile de nier ces faits et de les attribuer uniquement à
l'instinct animal. Il me semble plutôt qu'un fil serré relie tous les êtres
à la grande chaîne de la vie.

Il y a environ deux ans, nombre de journaux reconnus relataient un événement curieux illustré par une photographie transmise par United Press International. Sur la photo, on voyait Carol Burk, son fils de 11 ans,
Anthony Melton, et un cochon. La mère et son fils étaient allés se baigner
dans un lac de Houston. S'étant un peu trop éloigné de la rive, le garçon a
paniqué et commençait à couler. Son animal familier, la truie Priscilla, a
sans nul doute ressenti sa détresse : elle s'est jetée à l'eau et s'est mise
à nager dans sa direction. Anthony a réussi à surnager jusqu'à ce que
l'animal parvienne à sa hauteur et le prenne en croupe. La mère d'Anthony a assisté, le souffle coupé, au sauvetage de son fils ramené à terre par
Priscilla la truie.
En 1975, la victime d'un naufrage survenu au large de Manille a eu
l'agréable surprise de voir une tortue de mer s'approcher d'elle pour lui
offrir son aide. Etonnée, la dame en question est montée sur le dos de
l'animal qui a fait alors ce qu'une tortue ne fait jamais, en principe. Les
tortues de mer passent le plus clair de leur existence sous l'eau, mais
notre héroïne a sans doute senti que la survie de notre naufragée épendait
d'elle. Elle est donc restée à la surface pendant plus de deux jours, sans
même chercher à se nourrir, portant sa lourde charge et la maintenant ainsi
en vie.
*
DES VOYAGES INCROYABLES

Les animaux nous ont si souvent donné la preuve de leur intelligence que,
franchement, je m'interroge parfois sur celle de ceux qui tiennent
absolument à les juger idiots. Nous connaissons tous des anecdotes sur des chiens parcourant de grandes distances en terre inconnue pour rejoindre leur maître. Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que ces récits sont documentés, vérifiés et, incroyable mais vrai, rigoureusement exacts.Par exemple, M. Robert Martin et sa femme ont déménagé de Des Moines pour s'installer à Denver. Max, leur berger allemand, préférait de beaucoup Des Moines. Il a parcouru, seul et dans la neige, les 1 200 km qui séparaient les deux villes.
Un autre berger allemand, vivant en Italie, s'ennuyait de son maître, un
homme qui venait de quitter Brindisi pour s'installer à Milan. Le chien a
mis quatre mois à parcourir les 1 200 km séparant ces deux lieux mais il y
est arrivé et, par-dessus le marché, il a retrouvé son maître.
Plus remarquable encore, cette randonnée de 300 km que décrit Sheila
Burnford dans son ouvrage intitulé The Incredible Journey. Trois animaux —
un vieux bull-terrier, un jeune labrador et, croyez-le ou non, un chat
siamois — ont voyagé ensemble, prenant soin les uns des autres, et traversé les régions sauvages du nord de l'Ontario avant d'atteindre leur
destination, 300 km plus au sud.Je n'aurais jamais cru les chats capables de relever un tel défi. Je me trompais. De nombreux rapports bien documentés et authentiques parlent de chats traversant de grandes distances pour rejoindre leur maître. Le plus long voyage dont j'ai eu connaissance est aussi l'un des plus rigoureusement authentifiés.
Un vétérinaire new-yorkais venait de déménager en Californie à la suite d'un nouveau travail. Il avait laissé son chat à New York, espérant venir le
chercher plus tard. Mais le chat ne l'a pas attendu et le vétérinaire a bien
cru qu'il ne le reverrait jamais. Cinq mois plus tard, le chat entrait «
calmement dans sa nouvelle demeure et s'est vite pelotonné dans son fauteuil favori ». Comme vous l'imaginez bien, le vétérinaire n'en croyait pas ses yeux ! Pendant un moment, le choc était si intense qu'il est resté là,
bouche bée. Etait-ce son chat ? 11 s'est alors rappelé que le sien s'était
déjà battu et qu'il avait été mordu à la queue ; la blessure y avait laissé
une excroissance sur la quatrième vertèbre. Il s'approche donc du chat et
tâte sa queue : c'était bien lui, la quatrième vertèbre portait la
légendaire évidence !

Il est sans doute justifié d'envisager la possibilité que les animaux
possèdent un type d'intelligence qui échappe à notre entendement. Le seul
instinct explique mal de tels comportements.
*
AMOUREUSEMENT VOTRE

Les scientifiques qui se penchent sur les loups sont stupéfiés de constater
à quel point ces animaux supposément sauvages arrivent à exprimer amour et tendresse. Gordon Haber les a observés pendant des décennies et on le
reconnaît aujourd'hui comme le plus grand expert au monde en la matière.
Selon lui, leur caractéristique majeure est leur grand dévouement et leur
profonde tendresse pour les leurs. Pour ne citer qu'un exemple, il a vu en
Alaska un loup blessé par la ruade d'un caribou, l'épaule en lambeaux et en
sang, boiter jusqu'à un abri et s'y coucher, consentant à mourir seul comme
beaucoup d'animaux le font. Mais, chaque nuit, un autre loup rampait jusqu'à lui et le nourrissait en lui donnant des morceaux de viande ; il a continué à soigner le loup blessé jusqu'à ce qu'il guérisse.
La relation parent-enfant n'est pas le seul moyen dont disposent les animaux pour montrer leur affection. Beaucoup d'entre eux — y compris les castors, les oies, les aigles, les loups, les faucons, les pingouins, les lynx et les pumas — s'accouplent pour la vie à un seul compagnon. Ils se gardent
hautement fidèles l'un à l'autre, parfois beaucoup plus que les humains
peuvent l'imaginer, eux qui promettent de s'aimer jusqu'à ce que la mort les
sépare mais ne tiennent pas toujours promesse. Les animaux peuvent souffrir justement parce qu'ils sont capables de donner et de recevoir de l'amour, et parce qu'ils en ont besoin.
*
LES DAUPHINS A LA RESCOUSSE

Longtemps, un dauphin appelé Pelorusjack a guidé les navires dans la French Pass, un mince détroit menant à l'île d'Urville en Nouvelle-Zélande. Des rochers et des courants extrêmement forts rendent ce passage très dangereux, et des centaines de navires s'y sont perdus corps et biens, mais jamais quand Pelorus Jack se montrait. Les vies qu'il a sauvées ne se comptent plus. Une goélette attachée au port de Boston, le Brindle,
l'a aperçu pour la première fois à l'approche de la French Pass. Le voyant
danser à l'avant du bateau, les membres de l'équipage ont d'abord voulu le
tuer — heureusement, la femme du capitaine a réussi à les en dissuader. À
leur plus grand étonnement, le dauphin s'est alors mis à les guider au travers de l'étroit passage. Pendant de longues années, il a continué de le faire pour presque tous les navires qui s'y engageaient. Son aide était si précieuse et si régulière qu'à l'approche du passage, les équipages scrutaient la surface de l'eau afin de l'apercevoir. S'ils ne le voyaient pas, ilsl'attendaient avant d'affronter rochers et courants périlleux.
Par une triste journée, un matelot ivre dit « le Pingouin » prit un fusil et
tira sur Pelorus Jack. La colère du reste de l'équipage était à son comble
et, à la vue du dauphin s'éloignant dans une traînée de sang, certains
matelots étaient tout près de lyncher le tueur. Le Pingouin a dû les aider à
traverser le passage sans l'aide de Pelorus Jack, tout comme les navires qui s'y sont engagés au cours des semaines suivantes. Mais, un jour, le dauphin a refait surface, apparemment guéri de ses blessures. Selon toute
vraisemblance, il avait pardonné au genre humain et s'était remis à la
tâche. Toutefois, à chaque fois que le Pingouin revenait sur les lieux, le
dauphin fuyait sans demander son reste.Pendant longtemps encore, Pelorus Jack a ainsi escorté les marins s'engageant dans la French Pass, mais plus jamais le Pingouin et l'équipage dont il faisait partie. Évidemment, ils ont fait naufrage et nombre de passagers et membres d'équipage sont morts noyés parce que leur navire s'était engagé sans guide dans le périlleux passage.
Animal humain moi-même, j'apprécie les actes d'héroïsme qui sont le fait
d'animaux ayant sauvé des vies humaines. Par ailleurs, complètement
abasourdi devant le nombre incroyable d'animaux qui brisent les convenances pour sauver la vie d'autres animaux.
L'agence de nouvelles Tass, organe officiel du gouvernement soviétique, n'a pas l'habitude de relater des événements ayant un quelconque intérêt
humanitaire. Pourtant, en septembre 1977, elle a rapporté un étrange
incident survenu dans la mer Noire. Un bateau de pêche russe s'est trouvé
entouré d'un groupe de dauphins qui semblaient vouloir attirer l'attention
des pêcheurs à tout prix. Ces derniers ont donc jeté l'ancre. Comme s'ils
s'attendaient précisément à les voir agir ainsi, les dauphins ont cessé leur
manège et semblaient demander qu'on les suive. Stupéfaits et curieux, les
marins ont obtempéré à leur requête et se sont laissés mener jusqu'à une
bouée où un dauphin se démenait dans un filet. Comprenant enfin le
comportement bizarre des dauphins, les hommes ont délivré leur ami. Par la suite, ils se sont laissés guider jusqu'à l'endroit exact où ils avaient
jeté l'ancre.Dans ce cas-ci, les dauphins ont fait équipe avec des hommes pour sauver la vie de l'un des leurs, mais, aussi incompréhensible que cela puisse paraître, il arrive fréquemment qu'ils s'associent aux hommes pour venir à la rescousse d'autres espèces, notamment des cétacés.
Le 30 septembre 1978, quelque 50 globicéphales noirs ont échoué sur la côte néo-zélandaise, au nord de Auckland. Les fonctionnaires du Gouvernement ont tout mis en œuvre pour les attirer vers la haute mer, sans quoi les cétacés allaient mourir. Rien n'y faisait. Les spécialistes ont eu alors l'idée d'attirer au port un groupe de dauphins qui passaient non loin de là. À la vue des globicéphales, les dauphins ont tout de suite compris ce qu'on attendait d'eux. Sans perdre une minute, ils ont regroupé les cétacés pour les guider vers la haute mer, leur sauvant ainsi la vie
Des dauphins ont aussi aidé des baleines à mettre leurs petits au monde.
Quand les requins menacent, les dauphins entourent la mère et sa
«sage-femme», formant un cercle protecteur autour de la parturiente en
travail. Si les requins attaquent, les dauphins les menacent du bec.

Les dauphins ont sauvé tant de vies — humaines et animales — qu'ils
mériteraient assurément le titre de « sauveteurs des mers ». Nous devrions
leur accorder ce titre, mais nous ne le faisons pas. En lieu et place, nous
ne leur offrons que de l'indifférence.
*
TENDRES VOLAILLES

Nous sommes en 1950. Une vieille dame résidant à Hermitage et connue de tous sous le nom de tante Tess partage son logement avec son chat et son canari Bibs. Sa nièce et son mari habitent à quelque 100 m plus bas et craignent que, à l'insu de tous, il n'arrive quelque accident à la vieille dame. Une nuit, un léger bruit les réveille. Il leur semble qu'on tape doucement à la
fenêtre ; le bruit est faible et ils essaient de ne pas en tenir compte,
mais les coups persis-tent.N'y tenant plus, la nièce se lève et va à la fenêtre. Elle tire les rideauxet aperçoit, très surprise, Bibs qui frappe les carreaux de toutes ses forces. L'oiseau n'avait jamais quitté la maison de sa maîtresse mais, ce soir-là, il a réussi à se frayer un chemin jusqu'à la résidence de la jeune femme. Malheureusement, il y a déployé toute son énergie. Sous l'œil stupéfait de la jeune nièce, il s'effondre sur le rebord de la fenêtre. Elle et son mari se précipitent alors chez tante Tess et la trouvent inconsciente sur le sol. Elle saignait. Elle avait fait une mauvaise chute et aurait bien pu en mourir si on n'était venu à la rescousse. Le canari a donné sa vie pour sauver celle de sa maîtresse.
Floride: II y a quelques années, le Dr Peterson a remarqué une étrange
activité chez les canards d'un lac sur sa propriété. Fasciné par ce qu'il
voyait, il a entrepris une étude des canards et s'est vite aperçu qu'un des
mâles (qu'il a appelé Jeannot-le-Canard) était mystérieusement et
inlassablement attentif à une femelle, dite Marie-la-Cane. La saison des
amours n'étant pas encore commencée, le Dr Peterson n'arrivait pas à
s'expliquer ce comportement. Curieux, il a continué ses observations afin de connaître le fin fond de l'histoire. Un jour, Jeannot-le-Canard délaisse sa
petite amie ; sans perdre une seconde, le Dr Peterson s'en approche, la
prend au filet et l'examine attentivement pour constater qu'elle est
aveugle. Sidéré, il la relâche.Un moment plus tard, Jeannot-le-Canard réapparaît et reprend aussitôt sa vigie auprès de sa congénère. Puis, ce canard-voyant lança une série de coin-coin rassurants avant d'emmener son amie aveugle plus loin.
Un naturaliste a donné à une poule 21 œufs de pintade qu'il avait trouvés,
simplement pour voir ce qui arriverait. Ces petits œufs à coquille dure ne
ressemblent en rien à des œufs de poule. La poule a pris néanmoins sa tâche à cœur ; elle est arrivée tant bien que mal à s'occuper des 21 œufs sans l'ombre d'une protestation. Sachant qu'elle possédait les notions
traditionnelles de son espèce, j'ai d'abord cru qu'elle était trop stupide
pour s'apercevoir que ces œufs n'étaient pas les siens. Lorsque les œufs ont éclos, elle n'a semblé aucunement perturbée par le fait que les oisillons
n'étaient pas des poussins. Leur allure de petits perdreaux aux manières
étranges ne lui posaient manifestement aucun problème. Là encore, j'ai cru
que la poule était tout simplement trop stupide pour remarquer qu'il ne
s'agissait pas de poussins. Eh bien ! je me trompais. Elle avait en effet,
bien plus que moi, le sens des réalités. Quelquesjours plus tard, elle a emmené les petites pintades près d'un buisson et, au lieu de leur imposer la pâtée qu'on donne habituellement aux poulets, elle s'est mise à creuser dans une fourmilière à la recherche de nymphes blanches. Les poulets ne mangent pas d'aliments de ce genre, mais les pintades, oui ! Les petits s'en sont régalés.
Comment pouvait-elle savoir ? De quel génie faisait-elle preuve ? Son écoute lui a-t-elle permis de recevoir quelque message de leur psyché collective ? Voilà qui dépasse les possibilités humaines !
Lors d'une autre expérience, un naturaliste a donné à une poule des œufs de canard. Elle les couva comme s'ils étaient les siens et ne fut pas du tout
déconcertée lorsque des canetons et non des poussins montrèrent le bec. Elle réussit plus tard à faire quelque chose qu'aucune autre poule de la région n'avait jamais fait auparavant. Elle monta sur une planche faisant office de pont au-dessus d'un ruisseau puis, en gloussant, elle invita les petits canetons à entrer dans l'eau. J'ignore comment ces mères poules ont su quoi faire pour les bébés d'une autre espèce qu'elles avaient couvés. Mais elles y sont parvenues d'une manière ou d'une autre. Il semble que l'expression « prendre sous son aile » reflète avec justesse une protection soucieuse et sensible
*
L'INTELLIGENCE

Des recherches très poussées sur les cerveaux humain et animal, et pour la
plupart motivées par un vif désir de trouver une cause biologique à la
croyance selon laquelle l'intelligence animale n'a rien à voir avec celle de
l'homme, ont été menées par plusieurs chercheurs. Rien de clair et net n'est
ressorti de ces analyses. En comparant la « structure et la fonction du
cerveau humain et de celui des autres animaux », les hommes de science ont toutefois découvert que les hommes et les animaux :« ... différaient beaucoup moins qu'on est porté à le croire ; aussi surprenant que cela puisse paraître, les similitudes sont plus nombreuses que les différences... Une étonnante similitude entre le cerveau de l'homme et celui des autres mammifères se constate lors de la stimulation électrique du cerveau par encéphalogramme. Par exemple, un chien émet les mêmes ondes électriques que l'homme à l'état de veille, de sommeil léger, de rêve
profond et de rêve éveillé. Aussi, la chimie des systèmes nerveux et
endocrinien de l'homme et des animaux ne comporte-t-elle aucune différence significative. La biochimie des états physiologiques et émotifs (notamment du stress et de l'anxiété) de l'homme et de la souris diffère très peu. »Le traitement que nous infligeons aux animaux détermine nos rapports avec nos semblables. Une recherche soviétique, publiée dans Ogonyok, montre que 87 % des criminels d'un groupe avaient, pendant leur enfance, brûlé, pendu ou poignardé des animaux domestiques4. Aux Etats-Unis, une importante étude, menée par le Dr Stephen Kellert de l'université Yale, montre à son tour que les enfants qui font du mal aux animaux ont tendance à devenir de dangereux criminels.
Des études portant sur nombre de prisonniers américains révèlent que presque aucun n'a pris soin d'un animal familier dans son enfance. Aucun n'a eu la chance d'apprendre à respecter et à soigner une créature vivante tout en se sentant heureux de le faire.
Il est toutefois possible d'arriver à modifier de tels comportements, même
chez un criminel. On a permis à des prévenus d'avoir des chats dans leur
cellule peu avant leur libération. Résultat ? « Parmi ceux qui ont aimé et
soigné leur chat, aucun n'a échoué sa réinsertion sociale », et ceci dans un
système pénal où on estime que 70 % des prévenus retournent en prison.
*
MON REVE

Je rêve de voir l'espèce humaine comprendre que l'esprit qui nous anime
anime aussi les animaux. Dans mon rêve, nous savons tous qu'il existe de
nombreuses formes d'intelligence, d'âmes, mais aussi de souffrances et
d'espérances. Je nous vois, chacun de nous sachant que toute créature est
dotée du même désir de vivre. Je nous vois respecter le leur, tout comme
nous aimerions que le nôtre le soit si nous étions, nous, les êtres
inférieurs et eux les maîtres sur Terre.
Je nous vois réconfortés par la présence de ces merveilleux compagnons. Je vois nos vies enrichies de leur seule présence. Je nous vois entourés de
nombreux animaux. Je vois nos villes embellies d'espaces verts sauvages, de berges, de parcs, de ravins et de canyons où peuvent vivre les animaux. Je vois toutes les formes de vie travailler en harmonie à la préservation et à
l'épanouissement des ressources de la planète.
Je nous vois apprécier les différents besoins, les différentes formes
d'intelligence et les différents rôles des animaux. Je nous vois sentir
intuitivement leurs façons particulières de sentir, penser, souffrir et
aimer.
Je nous vois apprendre à traiter avec respect ces animaux qui sont, dans la
nature, nos frères et nos sœurs. Je nous vois comprendre que, eux aussi, ils expriment à leur manière la grande force universelle. Je nous vois agir
sachant que le même souffle divin leur a donné la vie

Je nous vois comprendre que toutes les créatures de Dieu ont une place sous le Soleil.


John Robbins

Source : http://www.arsitra.org/yacs/articles/view.php/1476/passages-tires-de-se-nourrir-sans-faire-souffrir-de-john-robbins-aux-editions-partage-stanke

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*Je vous souhaite de passer de bons moments sur le forum!*

On n'a pas deux coeurs, l'un pour l'homme l'autre pour l'animal, on a du coeur ou on n'en a pas.
Lamartine


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